mardi 1 août 2017

Je suis deuxième


J'ai attendu avant de vous montrer ça: la photo de ma 2ème place au niveau régional pour le concours des cercles des fermières. J'ai le résultat depuis avril passé. J'ai attendu parce que je voulais vous parler d'autre chose avec ça. 
D'abord pour le concours, moi, je suis satisfaite de ce résultat. Pour aller au régional, je devais arriver première au niveau local. Et pour aller au provincial, il aurait fallu que je sois première au régional. Les femmes de mon cercle étaient déçues que je ne sois pas arrivée première, disant même que mes jambières étaient mieux que celles de la première (je ne sais pas: je ne les ai pas vues). Les jugements des concours des fermières se font par qui veut bien le faire. Ce qui fait que je suis même déjà arrivée dernière au niveau local (une autre année)! Et vu que les membres de mon cercle aimaient mes jambières, moi, j'étais contente. Je venais aussi de m'éviter le stress à savoir comment je me classerais au provincial. Hi! Hi!

Je n'ai pas toujours été comme ça, et je dirais que je lutte constamment avec une nature compétitive profondément ancrée en moi. Plus jeune, je me suis rendue malheureuse à ne pas arriver comme je voulais: arriver première. J'ai fait de la compétition en gymnastique et en plongeon. Et je n'excellais pas vraiment dans ces disciplines. Une chance qu'il n'y avait pas de compétition en danse dans ce temps-là! Quand tu as cet élan en toi, tous les conseils, sur le coup, ne font pas effet. Des conseils comme "ce qui est important, c'est de participer", ou "voyons, prend pas ça de même", ou "il y a des choses plus importantes dans la vie". Quand tu es compétitif, et que tu n'es pas mature, ton identité est attachée à la discipline que tu pratiques. 
Mais j'ai appris, et je regarde ailleurs. J'ai réalisé où est la vraie richesse, et j'ai de la compassion quand je vois un/e jeune qui se compare (parce que ça va jusque là). Je sais ce que c'est, et ceux qui disent qu'ils ne comprennent pas, je me dis qu'ils n'en ont jamais vraiment vécu, ou qu'ils étaient toujours les gagnants dans tout ce qu'ils faisaient. Mais certaines personnes, je le sais, ne sont tout simplement pas faites comme ça, et ça m'impressionne. 
J'ai maintenant des réflexes pour m'éloigner de cette attitude quand elle monte en moi. Je change d'angle de vision (et aujourd'hui, ça marche). Je cherche à avoir MA place, pas LA place d'un autre. Je me dis que le succès d'un autre ne m'enlève rien à moi. Je vais même jusqu'à encourager ou aider la personne qui a pu (l'espace d'un moment) être une "menace".

J'ai appris que chaque personne est unique, même celui/celle que vous considérez comme "looser". Je n'étais pas juste une gymnaste ou une plongeuse. Je n'étais pas juste une danseuse. Et là, je ne suis pas juste une tricoteuse (ou une designer en tricot: oh, possibilité de compétition ici). Je fais plein d'autres choses (si il faut absolument regarder ce que les gens font pour les étiqueter). 
En fait, je suis (et chacun de nous) bien plus que ce que je fais ou ne fais pas. Je ne suis pas obligée de performer pour avoir de la valeur. Je fais de mon mieux dans ce que j'ai à faire, et je fais attention à l'autre. Ça c'est important! 
Nos relations (pas obligé d'avoir une vie sociale trépidante, juste prendre soin de ceux qu'on aime), 
la qualité de notre vie (faire des choses que nous aimons, à un rythme qui nous convient), 
et une conscience en paix (être authentique et honnête): voilà ce qui a du prix à mes yeux.


N.B. Le titre de cet article m'a été inspiré par le nom de ce site. Même si je ne parle pas de la même chose qu'eux, je crois que c'est à cause d'eux que j'ai eu cette réflexion. Allez faire un tour, il y a de belles histoires de foi. 

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